Hamid Debarrah

Archives dérisoires

"Hamid Debarrah ne cadre que des choses sans importance, sans signification : murs, flaques d'eau, trottoirs, parfois visages... Rien qui ne mérite le détour et qui occupe pourtant tout son temps. Tout un paysage quotidien que nous regardons à peine depuis longtemps et qu'il ne cesse de capter et de restituer avec constance et discrétion. Mais les images qu'il nous donne se situent au delà d'un simple inventaire, d'un discours dénonciateur ou d'un effet de style convenu : elles touchent avec précision notre sensibilité, nous incitant à percevoir autrement la banalité du quotidien.
Qu'il s'agisse d'une affiche déchirée, d'une ombre découpée, d'un décor urbain ou d'un plat cuisiné, tout est traité avec la même exigence, le même souci de composition... le même regard. Sur ses photographies, I'anodin, le détail, l'éphémère sont restitués comme des évidences, des éléments incontournables qui nous étaient dissimulés jusqu'à présent : c'est sur ces images que notre imaginaire est aiguisé, sensiblement. Nous ne sommes pas loin de la démarche d'un écrivain : même si Hamid Debarrah apprécie de "pouvoir s'exprimer sans utiliser les mots", il n'écarte pas la possible comparaison :"si on faisait un parallèle entre la photographie et la littérature, je dirais que je fais des jeux de mots avec les images." Et comme en littérature, plusieurs lectures nous sont offertes, allant de la simple contemplation à l'interprétation :
au spectateur de choisir, sa perception lui appartient."
Richard Collier "Hamid Debarrah, impressions sur l'éphémère"